Chères lectrices, chers lecteurs, bienvenue dans laNewsletter Mensuelle d’EUDEC France !Nous sommes ravis de vous retrouver pour vous partager les dernières actualités, événements et ressources de notre réseau autour de l’éducation démocratique.
Nouvelles du réseau
EUDEC France s’associe au GRRÉ
Le Groupe de Recherche et de Réflexion sur l’Éducation (GRRÉ), œuvre, depuis un an et demi, au travers de leurs recherches indépendantes, à la défense des droits fondamentaux des enfants et à la liberté d’instruction.
EUDEC France vient de voter une participation aux rencontres que ce collectif organisera fin juin. Nous vous tiendrons au courant des résultats enthousiasmants de cette union !En attendant, vous pouvez aller consulter le site internet du GRRÉ
En Ariège, L’École Pleine Nature a besoin de vous!
L’École Pleine Nature, à Moulis en Ariège, a besoin de vous pour développer et pérenniser ses activités grâce à l’achat d’un bien immobilier en 2024 qui permettra le déménagement définitif de l’école en janvier 2025 !
Hébergés gracieusement sur les premiers mois en 2017 puis locataires depuis 2018, nous avons enfin trouvé un endroit à acquérir avec 12 hectares de pleine nature, un château et beaucoup de possibilités (traversé par la voie verte, terrain de sport et piscine, maison et chambres à louer, ruisseau, espace pour ferme pédagogique et jardin, gestion raisonnée de la forêt, etc…). Nous avons signé le compromis de vente en janvier 2024 mais sommes en recherche d’au moins 200 000 euros d’apport pour permettre l’achat. Votre contribution peut prendre la forme d’un don ou d’un prêt solidaire à l’association Petits Pas qui porte le projet de l’École Pleine Nature. Pour en savoir plus: https://www.ecolepleinenature.org/ et contact<a>ecolepleinenature.org « 
Ressources et Partages
L’école Akène nous partage son journal d’école, réalisé en avril-mai :(cliquer pour agrandir)
L’École Sudbury Lilloise a sorti plusieurs épisodes d’un podcast, disponible sur leur site, ou sur les applications d’écoute comme Spotify ou Apple podcasts. Pour ce mois de juin, nous vous proposons d’écouter le 7ème épisode :Épisode 7 – Amjad, ancien élève d’une école démocratique
L’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire a tenu des rencontres filmées. La première prise de parole s’intitule : Domination, éducation, violence : quels liens ? D. Milovanovic
Cette newsletter contient le second chapitre d’un livre de la Sudbury Valley School, qui a inspiré de nombreuses écoles du réseau, et qui nous a gentiment autorisé à le partager gratuitement. Il s’agit d’un recueil d’articles et de correspondances entre staffs d’écoles démocratiques aux États-Unis. Nous en partageons un chapitre tous les mois dans une traduction intégrale inédite en français. Rendez-vous en fin de newsletter !
OpportunitésSéjour immersif solidaire au village de PourguesNotre écovillage se donne les moyens de mettre les enfants au centre ! Nous souhaitons agrandir notre équipe éducative et faire appel à 2 personnes souhaitant découvrir la vie dans notre écovillage et nous soutenir au quotidien avec les enfants.Ainsi, nous vous proposons de venir faire un séjour immersif solidaire à moindre frais grâce à un échange de service. La présence de ces personnes en séjours immersifs solidaires est précieuse et nos enfants les adorent ! Ils contribuent fortement à faire vivre cette éducation auto-dirigée que nous avons choisie à Pourgues. Nous privilégions la qualité. Si vous avez de l’expérience dans l’enseignement, l’animation ou le milieu éducatif et que vous êtes disponible maintenant, contactez-nous !Voici les détails de cette « mission » :Vous serez dans une équipe de 3 ou 4 encadrants adultes, avec environ 10 enfants de 3 à 14 ans, parfois en groupe complet, parfois juste avec un enfant ayant des besoins spécifiques. Vous serez en activité pour Pourgues 4h par jour, 5 jours par semaine. Vous serez nourri (bio/local) et un emplacement avec toutes les commodités sera mis à votre disposition pour votre logement autonome. Vous pourrez participer à la vie collective (réunions, soirées festives, sorties etc). Vous aurez un référent qui vous accompagnera tout au long de votre séjour. Vous vous engagez sur une période d’essai d’un mois puis nous prolongerons selon nos besoins et vos disponibilités.Si vous êtes intéressés, vous pouvez contacter Marjorie : marjorie7bautista<a>gmail.com. Merci et à bientôt !
Le projet Terr’Azïl recherche des familles et un·e ou 2 facilitateur·rice·s :
Le projet Terr’Azïl est installé depuis 4,5 ans. Il est, disons, entre une école démocratique et un rassemblement de famille en unschooling, entres autres.

Nous sommes dans une phase où pas mal de choses ont été mises en place et le lieu commence à bien tourner : des habitats et infrastructures posés, des activités qui se lancent, un noyau structurant de personnes qui commence à ancrer des fondations solides.
Au niveau jeunes, la posture des adultes est vraiment chouette, les jeunes s’épanouissent mais manquent de pairs. Tout est prêt pour dynamiser un peu plus le « pôle jeunes», qui est la raison première d’existence du projet, son coeur.
Nous cherchons :
1. Des familles avec des enfants de 3 à 16 ans (particulièrement des grands)
, en priorité qui n’iraient pas à l’école, et qui vivent avec les mêmes valeurs/philosophie que nous : apprentissages autonomes (environnement riche et disponibilité) écoute et accueil des émotions culture du consentement (dans toutes ses dimensions) limiter au max voire éradiquer les VEO en tout genre (Violences Éducatives Ordinaires) conscience de sa posture d’adulte, de ces prérogatives, déconstruction des privilèges rôle de parent ou adulte bien réel (c-a-d cadre bienveillant et sécurisant posé et tenu, non abusif, sans domination) mais limité (libre choix du jeune pour soi-même) => En résumé un pouvoir « avec » et non un pouvoir « sur », des adultes en responsabilité et épanoui·e·s dans ce qu’iels sont/font…
Je pourrais en dire bien plus, je peux me rendre dispo pour en parler plus en détail. 2. Une ou deux personnes (type facilitateur.trice) pour mettre de l’énergie, environ 3 jours/semaine, dans ce pôle pour : être disponible avec les plus jeunes et co-organiser un fonctionnement pour que les membres du lieu le soient aussi mettre en place l’organisation des espaces, intérieur et extérieur, pour qu’ils soient appropriés à tous les âges : un environnement riche optimisé mettre en place « l’accompagnement à la responsabilisation et à la montée en compétence » de type « permis » ou « certificat » soutenir la clarification des droits et devoirs de membres jeunes dans le lieu
3. Un laboratoire de recherche intéressé par documenter l’expérimentation en cours à Terr’Azil sur son volet « éducation » : une exploration de type Ivan Illich, une société dans école, à petite échelle bien entendu.

Pour plus d’infos : terrazil.org.
Et si ça ne suffit pas contactez moi : blaiserds<a>gmail.com

Si vous vous sentez curieux.ses ou super intéressé·e·s plusieurs évènements possibles pour découvrir le lieu :
– un week-end découverte les 22 et 23 Juin
– en autre option, il y a la possibilité de venir sur un autre créneau, suivant nos disponibilités 
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Vos contributions sont les bienvenues ! Envoyez-les à l’adresse noe.malais+eudec<a>gmail.com
Bon mois de juin à toutes et tous et à bientôt !
Rôle Newsletter Externe
Cercle Com&Relations Publiques
EUDEC France
Extrait du livre : Ce que signifie “être staff dans une école Sudbury »Chapitre 7 : Des ailes et des racines : parents, staffs, et enfantsHanna Greenberg
[réimprimé de Reflections on the Sudbury School Concept, Sudbury Valley School Press, 1999]

Il y a une question que je redoute, et qu’on ne manque jamais de me poser : “Si les enfants à la SVS sont responsables de leur vie à l’école et qu’ils font et apprennent ce qu’ils veulent, quand ils veulent et comme ils le veulent, qu’est-ce que vous faites de vos journées à l’école en tant que staff ?” Parfois ils demandent également : “Et quel est notre travail en tant que parents ? Juste de les nourrir et de les conduire, de payer leurs frais de scolarité et de leur donner de l’argent pour le goûter ? C’est tout ce que nous sommes censés faire ?”“Bien sûr que non !”, je réponds avec assurance, avant de bafouiller quelque chose sur ce que je pense que nous, parents et staffs, faisons vraiment pour les enfants en plus de prendre soin de leur besoins physiologiques. La réponse est si claire au fond de moi, et pourtant je n’arrive absolument pas à l’exprimer. Une citation que j’ai lue récemment m’a aidé à comprendre ce que j’ai toujours ressenti : Nous pouvons donner deux choses à nos enfants – l’une est un sens des racines et l’autre est un sens des ailes. Maintenant je connais mes racines, mon histoire. Maintenant, je suis prêt à m’envoler en direction du soleil. Je pense qu’à la SVS nous avons beaucoup parlé du fait de donner aux enfants un sens des ailes, mais jamais ou presque du sens des racines et de l’histoire. Cela s’explique par le fait que dans notre culture, l’idée de donner aux enfants un sens des ailes n’est pas une notion acceptée, elle va à l’encontre des théories pédagogiques que suivent l’école et l’éducation traditionnelles. Les parents et les enseignants sont censés faire en sorte que les enfants apprennent ce dont ils auront soi-disant besoin une fois adultes. Les enfants sont vus comme des récipients vides, que leurs aînés ont le devoir de remplir avec la connaissance appropriée. On suppose souvent que le côté maléfique de la nature humaine est prévalent chez les jeunes et qu’à moins de le réprimer tôt, il prendra le dessus sur le bien. On voit aisément comment ces présupposés ont amené les gens à vouloir entraîner leurs nouveau-nés dès la naissance. On les a mis à la crèche et on les a nourri toutes les quatre heures en les laissant pleurer jusqu’à ce qu’ils s’endorment entre temps. Les petits bébés étaient vus comme de petits démons manipulateurs qui devaient être entraînés très tôt à ne pas être gâtés, complaisants et dépendants. Les adultes devaient rester vigilants tout au long de l’enfance car selon ce paradigme, on ne pouvait pas faire confiance aux enfants pour faire ce qui est bien et bon pour la santé sans la direction d’un adulte; livrés à eux-mêmes, les enfants feraient de mauvaises choses et n’apprendraient rien. Peut-être que de nos jours les parents sont plus indulgents dans le fait d’entraîner leurs nourrissons et enfants mais les présupposés de base sur le rôle des adultes dans le modelage des caractères de leurs enfants sont restés les mêmes. Nombreux sont ceux qui croient que donner le libre-choix aux enfants pour l’acquisition de leurs compétences est négligent et dangereux. À la Sudbury Valley, nous supposons que les enfants sont curieux par nature et désireux de comprendre le monde qui les entoure. Ils sont biologiquement programmés pour vouloir apprendre les compétences qui leur permettront de survivre par eux-mêmes. De plus, nous croyons que fourrer leurs esprits avec des enseignements est contre-productif. Cela distrait les enfants de leurs recherches et de leurs apprentissages. Cela leur apprend aussi à se reposer sur le jugement d’autrui plutôt que sur le leur. Un apprentissage qui n’est pas auto-initié et motivé est en général mal retenu et mal intégré. Comme notre approche éducative à la SVS n’est pas largement acceptée, nous parlons, parlons et parlons encore de laisser nos enfants diriger leurs vies et de les laisser s’envoler librement – leur donnant ainsi un “sens des ailes”. Il y a cependant, d’autres aspects de ce que nous faisons à la SVS et desquels nous ne parlons pas assez, car ce sont des choses très personnelles de bien des façons, et difficiles à décrire. Il s’agit de la somme de nombreuses interactions et actions, qui s’additionnent pour former une journée de travail complète. Peut-être que la meilleure façon de l’exprimer est de dire que le staff à l’école, et les parents à la maison, se rendent disponibles pour les enfants lorsqu’ils nous le demandent. En montrant aux enfants que les adultes de leur vie les prennent au sérieux, les écoutent, et sont prêts à faire des choses pour eux ou avec eux lorsqu’ils le demandent, nous prenons soins de leur éducation. Nous apprécions leur compagnie, et c’est probablement là la chose la plus importante qui leur arrive à la SVS. Ils comprennent qu’ils sont des personnes uniques, intéressantes, et importantes. Personne ne parle de cela, mais c’est quelque chose qui imprègne l’atmosphère de la SVS. Au fur et à mesure que les enfants grandissent, ils en prennent conscience et cela les fait se sentir confiants et optimistes. Ils en arrivent à croire en eux-mêmes et s’autorisent à avoir de grands rêves qu’ils osent se mettre à réaliser. Les adultes de leur vie sont une partie importante du monde dans lequel ils doivent entrer. Les enfants savent cela instinctivement et même lorsqu’ils sont encore des nourrissons, ils nous étudient et, en nous observant faire les tâches de la vie, apprennent ce qu’ils ont besoin d’apprendre pour eux-mêmes. Ils nous imitent, nous critiquent, se moquent de nous et prennent souvent soin de nous. Les enfants apprennent tant de choses en interagissant avec les adultes et en comprenant comment et pourquoi ils font ce qu’ils font. Je le vois constamment et cela ne manque jamais de me ravir. En voici un exemple charmant : Nous étions partis skier au mont Wachusett un jour et alors que nous descendions du télésiège, un garçon de onze ans dit : “Regardez la vue magnifique ! Ça ferait une superbe photo, dommage que ma maman ne soit pas là pour voir ça !” Je lui ai demandé si elle skiait. Il répondit “Non, mais elle apprend la photographie et je suis sûr qu’elle adorerait les arbres et le ciel ici.” Je ne pense pas que sa mère lui apprenait à la maison à apprécier la beauté du paysage lorsqu’il skiait. Je pense qu’il s’est juste souvenu qu’elle aimait beaucoup la nature en voyant ce magnifique paysage. Elle lui a appris à être sensible à ce dont elle avait besoin et lui a ainsi transmis son regard pour apprécier lui-même ce qui est beau. Les enfants observent tout de nous : notre culture, notre philosophie, nos pensées et pratiques religieuses, notre façon de faire et d’apprendre de choses, nos interactions, la façon dont nous gérons nos peurs, nos angoisses et nos conflits, la façon dont nous aimons et dont nous exprimons notre colère, notre personnalité, la façon dont nous nous habillons et dont nous argumentons. En grandissant, ils apprennent ce que nous sommes et ce qu’est notre société, puis ils font leurs propres choix sur comment ils veulent vivre leur vie. Peu importe leur degré d’indépendance, ils tiennent leur histoire de nous. Nous leur donnons un “sens des racines”. Les étudiants de la Sudbury Valley se sentent connectés au monde car leur parents les éduquent et prennent soin d’eux, ainsi que le staff à l’école. Ensemble, nous essayons de leur donner foi en eux-mêmes, s’efforçant de les rendre “prêts à s’envoler en direction du soleil”.

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